Battambang, sur la trace de Khmers rouges et du renouveau

Publié le par Ludovic

Battambang est le nom d'un ancien roi qui possédait un bâton magique. Ce roi s'appelait Bang, c'est de là que vient le nom de la ville : le bâton à Bang - la batte à Bang - Battambang

Battambang est le nom d'un ancien roi qui possédait un bâton magique. Ce roi s'appelait Bang, c'est de là que vient le nom de la ville : le bâton à Bang - la batte à Bang - Battambang

Pour se rendre à Battambang, il y a deux possibilités : par voie terrestre (compter 3 heures) ou par voie fluviale (compter entre 5 et 15 heures). Le trajet de Siem Reap à Battambang est paraît-il l’une des plus belles croisières d’Asie du sud est, au milieu de l’énorme lac le Tonle Sap. L’inconvénient est l’incertitude de la durée du trajet car en saison sèche, le niveau d’eau est bas et les risques d’ensablement fréquents. Ayant déjà fait le tour d’un village flottant mais surtout testé la patience des enfants, nous optons donc pour le bus. Nous croiserons Sylvain et Miguel 2 jours plus tard nous racontant leur périple aquatique : départ de leur hôtel à 6h00 pour un embarquement à 9h30 et une arrivée à 18h00 après une série de 3 ensablements. Dans ce cas, tous les passagers montent sur le toit du bateau pour faire contre-poids. Ils sont malgré tout chanceux car la veille le bateau arriva à minuit. Et à les entendre, la beauté du paysage vaut bien plusieurs heures de retard. Comme toujours, les belles choses ont un coût… et une bonne partie du voyage consiste bizarrement à peser le pour et le contre des merveilles du monde. Mais nous serons vite récompensés par nos balades dans les environs de Battambang.

Battambang, sur la trace de Khmers rouges et du renouveauBattambang, sur la trace de Khmers rouges et du renouveau
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Battambang est une ville assez tranquille où nous sommes loin de la sensation d’étouffement que l’on pouvait parfois avoir à Siem Reap. Il n’y a objectivement pas grand chose à faire dans le centre ville si ce n’est déambuler devant les très beaux bâtiments coloniaux construits par les français et particulièrement bien conservés.

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Le passage à travers son marché central vaut aussi le détour car au moins on touche un peu plus du doigt la vraie vie locale. On aurait également pu s’amuser à compter le nombre de pharmacies car franchement nous n’en n’avons jamais vu autant dans une ville. J’ai eu l’occasion de m’y rendre avec Simon pour une éruption de boutons. J’ai l’impression qu’on y va un peu comme au marché, on achète les médicaments par tablette et non par boîte que l’on tente de négocier…ce qui montre bien toute la problématique de l’accès aux soins de ce genre de pays.

Du miel bien frais... et des criquetsDu miel bien frais... et des criquets

Du miel bien frais... et des criquets

Même si le tour du centre ville est rapide, les environs de Battambang valent le détour. Chaque matin nous convenons donc de notre circuit avec Yaya, notre chauffeur de tuk-tuk.

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Nous nous essayons en premier lieu au Bamboo Train (Voir l’article de Paul) histoire d’ajouter une ligne au folklore des transports locaux. Ce qu’il faut savoir c’est que même si aujourd’hui, il amuse surtout les touristes, ce train pouvait transporter jusqu'à 3 tonnes de riz et jusqu’à 15 personnes et il était le seul moyen de locomotion des habitants de la campagne pour se rendre a battambang. Même si nous ne dépassons pas les 20 km/h, les sensations restent vives assis à la Bouddha sur le plateau de bamboo et où à chacune des innombrables irrégularités de la voie on s’imagine propulsé dans le fossé. Irrégularités qu’un léger estomac peut avoir du mal à amortir. Notre seul regret sera donc de ne pas avoir de toilettes à bord…

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On aurait pu dire la même chose de nos folles courses en tuk tuk à travers les chemins poussiéreux dont nos lombaires se souviendront longtemps.

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La visite de la briqueterie d’à coté vaut aussi le coup d’oeil avec ses beaux fours en brique éclairés par le soleil.

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Nous poursuivrons notre boucle par la visite d’un village traditionnel cambodgien (Vat Kor) où nous avons l’occasion de visiter deux maisons traditionnelles de l’architecture locale.

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L’arrêt est plutôt sympathique et intéressant d’autant plus que le neveu de la propriétaire nous raconte l’histoire de sa famille et en particulier de sa grand-mère accroc au machage des feuilles de bétel, celles qui vous laissent les dents toutes noires !

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Le bétel est une plante grimpante que l’on mâche en la mélangeant à d’autres ingrédients : la chaux, tabac, noix d’arec et cardamome ce qui donne un cocktail explosif!! Il a des propriétés psychostimulantes et tonifiantes; il coupe aussi la faim et remplace cigarettes et dentifrices et donne une bonne haleine mais des dents noires…il faut choisir !!

Feuilles de Betel

Feuilles de Betel

Noir comme les énormes chauve-souris que nous apercevrons, accrochées par centaine dans un arbre sur le chemin du retour.

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Le lendemain nous nouera également les tripes pour une raison beaucoup plus dramatique. Yaya nous arrête au Wat sarong Kong (Killing field) où nous en apprenons un peu plus sur les atrocités liées au massacre des Khmers rouges (Voit l’article de Tim). Ce qui est arrivé était inimaginable pour ceux qui l’ont vécu et l’est toujours pour nous aujourd’hui. Un mémorial et une maison musée explique très bien ce génocide. Pourtant tout ceci est bien réel et les récits de Yaya concernant sa propre famille décimée nous glace le sang. Nous nous arrêterons également aux killing caves des Khmers Rouges. Une grotte haute d’une bonne dizaine de mètres d’où les Khmers poussaient les cambodgiens pour les tuer pendant le génocide… On y voit d’ailleurs encore les crânes d’hommes, de femmes et… d’enfants.

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Cette visite nous jette un grand froid qui nous poursuivra au temple de Phnom Sampeau sur le sommet d’un petite montagne d’où l’on peut pourtant bénéficier d’un panorama incroyable sur les plaines cambodgiennes. Outre son panorama exceptionnel, Phnom Sampeau a une particularité : c’est le terrain de jeu de nombreux singes. Ils sont assez agressifs et il y en a même un qui a osé caresser les fesses de ma chérie ce qui lui a valu de se faire chasser à coup de lance-pierre par un cambodgien.

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Nous finirons la journée par une ascension de 358 marches pour visiter le phnom banan, un temple khmer dont les 5 tours rappellent le plan d’angor Vat.

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Le reste de notre balade, nous la passons à sillonner la campagne alentour en passant de petits villages en petits villages et la visite d'une ferme de crocodiles (Voir l'article de Simon).

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Nous y faisons plein de découvertes comme la fabrication de l’alcool de riz, les galettes de riz qui servent pour les rouleaux de printemps que nous dégustons sur place où encore le succulent riz-coco cuit dans des bambous, le bambou stick rice (on l’avait déjà dégusté au laos) et enfin les bananes séchées au soleil.

Galettes pour rouleaux de printempsGalettes pour rouleaux de printempsGalettes pour rouleaux de printemps

Galettes pour rouleaux de printemps

Bambou sticky rice
Bambou sticky riceBambou sticky rice

Bambou sticky rice

Lamelles de bananes séchéesLamelles de bananes séchéesLamelles de bananes séchées

Lamelles de bananes séchées

Nous nous essayons également à la dégustation de souris fris que le vin rouge local peine à accompagner ! (seuls vignes du cambodge) C’est très bon bien mariné dans une sauce chili.

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suris grillés, on en redemandera !suris grillés, on en redemandera !suris grillés, on en redemandera !

suris grillés, on en redemandera !

Nous nous arrêterons enfin au marché de poissons, enfin c’est pas vraiment un marché : ils font de la bouillie de poissons pour en faire des condiments, nous ne resterons pas longtemps, c’est trop puant!! et difficile à regarder aussi d’autant plus que ce sont des enfants qui s’attellent à ce travail!!

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Mais notre coup de coeur de ce séjour à Battambang est sans doute la visite de l’école de cirque de Phare Ponleu Selpak. La troupe que nous avions vu à Siem reap vient de cette école. Il s’agit d’un centre pluriartistique pour enfants défavorisés. Nous avons donc pu observer des cours de musique, d’arts graphiques, une classe de maternelle, une creche, des cours de cirque, de théâtre… mais surtout voir d’innombrables sourires d’enfants. Tout cela nous indique qu’une nouvelle génération se constitue avec plein de rêves et d’espoir pour eux et leur pays, peut-être de quoi penser une plaie encore ouverte !

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On vous laisse apprécier un film d’animation réalisé par des élèves de l’école…

Angkor is our heritage

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Publié dans cambodge, carnet

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moia 03/05/2015 18:02

je dois me rendre au cambodge fin 2015, votre blog m'enchante, votre parcours est un peu similaire à celui que je prépare, continuez à nous faire rêver et nous informer pour mieux nous préparer, merci encore.