Jogjakarta, l’âme de Java ?

Publié le par Ludovic

Jogjakarta, l’âme de Java ?

Alors que la majorité des touristes démarrent leur périple indonésien par Jodjakarta, nous avons décidé de faire les choses à l’envers et de terminer cet épisode de 40 jours par l’âme de Java.

En mêlant tradition et modernité, il paraît que Jodja est le coeur artistique et culturel de Java. Il est pour nous difficile d’en témoigner puisque nous sommes loin d’avoir foulé le bitume de toutes les villes javanaises, en particulier les plus importantes comme Jakarta et Surabaya. Mais une chose est sûre, nous nous sentons bien à Jodja ! Je ne sais pas si ce sont les caractéristiques de cette ville à taille humaine et particulièrement animée qui veut ça ou bien tout simplement le voyage qui nous embarque au jour le jour sur un rythme plaisant et paisible très très loin du boulot, des courses, du ménage, des bouchons, de la grisaille, du froid… Peu importe la réponse, les deux se concilient à merveille.

Nous y avons en effet rapidement trouvé nos marques dans le quartier de Prawirotaman! Ce quartier est juste une rue très animée où on y trouve une multitude de guesthouses et de restaurants. Ce n’est en rien un concentré de Java, juste une rue très plaisante où les enfants décideront d’établir leur QG au Viavia et moi au Kmeals.

Le viavia c’est à la fois un magasin de souvenirs très sympas, un resto bio où nous nous sommes régalés tous les soirs, une boulangerie (Je recommande le cake banane cannelle) et une agence de voyage. Le tout mélangé donne un petit chez soi coloré pour un tarif très abordable. Ils ont surtout eu l’intelligence d’aménager une zone de jeux pour les enfants qui n’ont jamais été aussi cools au resto et qui n’ont jamais mangé aussi vite. L’adresse idéale pour s’ancrer un petit peu et donner de la valeur à la routine. Moi, ma routine, c’est le Kmeals. Je couche Valérie et les enfants avec hâte pour aller me poser une paire d’heures dans ce bar concert, l’occasion de se ressourcer non seulement en malte et musique mais surtout en temps pour soi pour écrire tranquillement.

Jogjakarta, l’âme de Java ?
Jogjakarta, l’âme de Java ?

Jodja est également le dernier territoire à avoir son sultan qui a une fonction de gouverneur. Ce dernier vit dans le kraton, au centre de la ville qui n’est autre qu’une cité seigneuriale avec les palais du sultan et de grands espaces contigus réservés aux activités culturelles (musique de gamelans, danses javanaises, spectacle de marionnettes de wayang kulit) et à l’artisanat local. Néanmoins, aujourd’hui, le kraton est surtout un musée avec de grandes salles poussiéreuses d’architecture coloniale de style hollandais et de grandes cours jalonnées de terrasses couvertes dans lesquelles les gardes du sultan en tenue traditionnelles palabrent, kriss attaché dans leur dos (poignard à lame en forme de serpent).

Cette véritable cité fortifiée est à parcourir car elle compte quand même 25 000 habitants (1000 sont employés par le sultan) et possède son propre marché, ses commerces, ses ateliers de batik et de joaillerie, ses écoles et ses mosquées.

Le garde su sultan, non pas à cheval mais en 206, kriss au dos...

Le garde su sultan, non pas à cheval mais en 206, kriss au dos...

Jogjakarta, l’âme de Java ?

Un autre marché vaut également le détour. C’est le marché aux oiseaux dans lequel vous pouvez dénicher les animaux les plus exotiques et en vie bien entendu. Si vous voulez qu’on vous ramène une chauve-souris, un singe, un poisson rouge, un python, un iguane, une grosse tortue, une colonie de blattes ou tout simplement une perruche, dites le nous ! Pour les éléphants, il faudra attendre la Thaïlande.

Marché aux oiseaux
Marché aux oiseauxMarché aux oiseaux

Marché aux oiseaux

Nous en profiterons aussi pour voir de plus près l’artisanat javanais puisque Jodja regorge d’ateliers de Batik, de travail de l’argent et de fabrication de marionnettes en cuir de buffle et d’acacias. C’est marrant de voir comment les enfants pourraient observer ces travailleurs et travailleuses pendant des heures comme si le travail par son caractère concret et créateur prenait soudainement sens à leurs yeux. Il est peut-être temps de les inscrire à Pole Emploi à notre retour de voyage! Même si nous pouvons saluer la beauté du geste professionnel, nous passerons un peu moins de temps dans les boutiques, ayant décidé assez rapidement de ne pas renouveler notre garde robe de voyageur pour des chemises ou des robes en Batik.

Jogjakarta, l’âme de Java ?
Jogjakarta, l’âme de Java ?Jogjakarta, l’âme de Java ?
Jogjakarta, l’âme de Java ?

Les boutiques, nous les comptons par milliers dans la rue Marlioboro, les Champs Elysées de Jodja version souk de Marrakech. Là aussi, ça vaut le détour. Deux bâtiments imposants sortent du lot. L’un est un centre commercial moderne avec ses magasins de marque réservés à l’élite javanaise. L’autre est un gigantesque marché couvert qui ressemble davantage à un parking sur plusieurs niveaux réservé aux plus modestes. Tradition et modernité, c’est sans doute ce contraste qui nous aura le plus surpris dans cette île en pleine mutation.

Jogjakarta, l’âme de Java ?Jogjakarta, l’âme de Java ?Jogjakarta, l’âme de Java ?
Jogjakarta, l’âme de Java ?

Enfin, pour finir ce périple indonésien, il n’était pas possible de quitter le pays sans s’extasier une dernière fois devant les prouesses hindouistes. Situés à moins de 20km de Jogja, les temples de Prambanan, Plaosan et Ratu Boko étaient notre dernière visite.

Prambanam est un ensemble majestueux de 244 temples édifiés entre le VIIIe et le Xe siècles. La majorité est à l’état de blocs de pierre sculptées suite au séisme de 2006, mais les trois principaux sont suffisamment en état pour continuer à honorer Shiva, Visnou et Brahma et nous offrir un point de vue mémorable.

Prambanan
PrambananPrambanan

Prambanan

Ratu Boko

Ratu Boko

PlaosanPlaosan

Plaosan

Voilà, déjà 40 jours de passés dans ce second pays asiatique et l’heure pour nous de faire un deuxième bilan.

Simon nous dit que 6 mois ça va être long et Timothée préfère le viavia au voyage même si tous les soirs ils se sont occupés à simuler des éruptions de volcan. Le temps présent reste leur principal repère et il est difficile pour eux de prendre un peu de hauteur sur ce qu’ils sont entrain de vivre. Cela dit, ils le vivent très bien pour le moment. L’école à l’hôtel se passe aussi de mieux en mieux. On a essayé de ritualiser ce moment pour le réserver l’après-midi pendant la sieste de Simon et les orages quotidiens de la saison des pluies. Ils travaillent environ 2 heures par jour mais 7 jours sur 7. C’est le ministre de l’éducation qui nous a demandé d’expérimenter ce nouveau rythme scolaire.

Concernant l’Indonésie, il est difficile de faire un bilan : chaque ile (Bali, Florès et java) est très différente de l’autre et a ses propres us et coutumes, et nous n’avons pas découvert les autres! En gros, il nous faudra revenir en Indonésie car en 40 jours, nous sommes très loin mais vraiment très loin d’en avoir fait le tour!! Nous n’avons fait qu’effleurer et survoler quelques parcelles de ce pays sur une période peu touristique. Un bilan ne peut donc être que très subjectif et circonstancié. En tout cas, ces 3 îles nous auront comblées!! Par contre nous redoutions la saison des pluies et par chance, celle-ci est arrivée en retard et nous avons pu pleinement profité de Bali et essuyé que quelques averses sur Java.

Côté budget, nous sommes encore dans les clous. Les dépenses sont de 40€ en moyenne par jour pour le logement (sachant que nous prenons 2 chambres à chaque fois avec extra-bed) et 30€ en moyenne pour la nourriture (sachant qu’il y a 4 hommes à nourrir). Nous pourrions dépenser beaucoup moins au détriment de certains éléments de confort et de plaisir bien appréciés comme la piscine de temps en temps, la salle de bain privative, la bière du soir…

Les désagréments, il n’y en a pas vraiment en dehors des centaines de propositions de Becaks à Jodga (pousses pousses locaux que nous prendrons quand même) et des milliers d’étudiants javanais qui se massent dans les différents temples. Chacun leur tour, ils nous accostent, nous serrent la main, nous demandent notre prénom, celui des enfants (Ah 3 garçons c’est formidable!!), nous interviewent sur notre voyage et finissent par nous prendre en photos avec les enfants bien sur (ceux qui arrivent à prendre Simon en photo sont encore plus comblés!!). On se prête gentiment au jeu au début mais quand il n’est plus possible de faire un pas sans un flash, c’est un peu lourd.

Mais c’est le jeu, nous les prenons bien en photos nous aussi non mais!!

Jogjakarta, l’âme de Java ?
Jogjakarta, l’âme de Java ?

Publié dans indonesie, carnet

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Commenter cet article

Tonton 17/12/2014 21:39

Et votre bilan à vous 2 et à Paul, après ces 40 jours? Fatiguant, reposant, stressant, sérénitant, jouissif, exaltant...dites-nous!
En tout cas, un vrai talent de narrateur et de conteur, ce voyage est captivant. profitez bine de la Taïlande

Gros bisous, on pense à vous ( Mathurin veut vous voir) vous nous manquez à nous aussi!!

Val 19/12/2014 00:07

Non on ne peut pas dire que ce soit stressant mais oui fatiguant et étouffant parfois mais aussi exaltant, surprenant, dépaysant souvent et chaleureux toujours!!
Bisous a tous les 3!